Panne mondiale de ChatGPT : Cloudflare paralyse une partie d’Internet

18 novembre 2025 – Ce mardi midi, des millions d’utilisateurs à travers le monde ont été confrontés à une interruption majeure de ChatGPT et de nombreux autres services en ligne. La cause ? Une panne massive de Cloudflare, l’un des piliers de l’infrastructure Internet mondiale.
Une paralysie numérique en plein midi
Vers 12h30 (heure de Paris), une vague d’erreurs a déferlé sur le web. ChatGPT, le célèbre assistant IA d’OpenAI, est devenu inaccessible, rejoignant une longue liste de services touchés : X , Discord, Perplexity, Claude AI, et même des sites du quotidien comme les médias en ligne, League of Legends, et paradoxalement Downdetector, le site censé suivre les pannes en temps réel.
Les utilisateurs ont été accueillis par des messages d’erreur “Internal server error” ou des pages blanches qui refusaient obstinément de se charger. Sur les réseaux sociaux encore accessibles, les témoignages affluent du monde entier : Europe, Amérique du Nord, Asie… La panne est bel et bien mondiale.
Cloudflare : le géant invisible derrière le web
Pour comprendre l’ampleur de cette crise, il faut saisir le rôle central de Cloudflare dans l’écosystème numérique. Cette entreprise américaine fournit des services essentiels à des millions de sites web :
- Protection contre les attaques DDoS : Cloudflare agit comme un bouclier contre les cyberattaques
- Réseau de diffusion de contenu (CDN) : Il accélère le chargement des sites en répliquant les contenus sur des serveurs répartis dans le monde entier
- Optimisation des performances : Réduction de la latence et amélioration de l’expérience utilisateur
- Sécurité du trafic : Filtrage et protection des données
Lorsqu’un acteur de cette envergure rencontre un problème technique, c’est tout un pan du web mondial qui vacille instantanément.
Chronologie de l’incident
11h48 UTC : Cloudflare reconnaît officiellement l’incident sur sa page de statut, évoquant “une dégradation interne du service” affectant potentiellement plusieurs clients.
12h03 UTC : L’enquête se poursuit, l’entreprise indiquant que certains services peuvent être “intermittents”.
12h30-13h : Pic de la panne avec des milliers de signalements d’utilisateurs. Les sites internet affichent des erreurs en cascade.
13h-14h : Retour progressif à la normale pour certains services, dont ChatGPT, bien que des perturbations persistent.
Les causes : maintenance ou incident technique ?
À l’heure actuelle, Cloudflare n’a pas communiqué officiellement sur la cause exacte de cette panne. Plusieurs hypothèses sont évoquées par les experts :
- Maintenance mal gérée : Des travaux de maintenance étaient programmés dans plusieurs datacenters (Los Angeles, Santiago, Tahiti) ce mardi. La panne pourrait résulter d’une erreur lors de ces opérations.
- Erreur de configuration : Un déploiement de code défectueux ou une mauvaise configuration interne, comme cela s’était déjà produit en juillet 2025.
- Problème d’infrastructure : Une défaillance matérielle ou réseau dans un datacenter stratégique, possiblement celui de Paris selon certaines sources.
- Attaque DDoS : Bien que peu probable à ce stade, certains spéculent sur une possible cyberattaque, suite aux récents incidents similaires touchant d’autres acteurs comme Azure.
Un rappel brutal de notre dépendance technologique
Cette panne n’est pas sans précédent pour ChatGPT. Le service d’OpenAI a connu plusieurs interruptions majeures en 2025 :
- 10 juin 2025 : Panne mondiale due à un bug introduit lors d’un déploiement de code
- 23 janvier 2025 : Interruption majeure attribuée à un “problème avec un fournisseur”
- Décembre 2024 : Panne en soirée causée par des “taux d’erreur élevés”
Mais l’incident d’aujourd’hui soulève une question plus large : jusqu’où va notre dépendance aux géants de l’infrastructure web ?
ChatGPT n’est plus un simple gadget technologique. Pour des millions d’utilisateurs, c’est devenu un outil de travail quotidien essentiel : développeurs qui génèrent du code, étudiants qui font leurs recherches, professionnels qui rédigent des contenus, chefs de projet qui organisent leurs tâches… Quand le service tombe, c’est toute une chaîne de productivité qui s’interrompt brutalement.
L’effet domino de la centralisation
L’ironie cruelle de cette panne ? Même les outils censés nous informer des dysfonctionnements étaient hors service. Downdetector, le site de référence pour vérifier le statut des services en ligne, était lui-même inaccessible car… hébergé chez Cloudflare.
Cette concentration des services chez quelques acteurs clés (Cloudflare, AWS, Google Cloud) crée des points de défaillance uniques colossaux. Lorsque l’un d’entre eux vacille, l’onde de choc se propage instantanément à travers l’ensemble du réseau mondial.
Que faire lors d’une telle panne ?
Face à une interruption de cette ampleur, les options sont limitées pour l’utilisateur final :
Solutions immédiates
- Vérifier la source : Tester plusieurs sites pour confirmer que le problème est bien global
- Éviter de rafraîchir : Recharger les pages en boucle surcharge encore plus les serveurs
- Consulter les alternatives : Passer temporairement à d’autres services IA comme Claude d’Anthropic, Google Gemini, ou Mistral AI
Surveillance
- Page officielle Cloudflare Status : La seule source fiable pour suivre l’évolution de la situation
- Réseaux sociaux : OpenAI et Cloudflare communiquent généralement sur X ou leurs canaux officiels
À long terme : diversifier ses outils
Cette panne rappelle l’importance de ne pas dépendre d’un seul service, aussi performant soit-il. Les professionnels avisés maintiennent plusieurs alternatives sous la main :
- Claude (Anthropic) : Réponses nuancées et capacité à traiter des documents longs (❌Down Actuellement)
- Google Gemini : Intégration native avec l’écosystème Google (Gmail, Drive)
- Mistral AI : La pépite française avec un engagement sur la transparence et l’open source (❌Down Actuellement)
- Perplexity : Spécialisé dans la recherche avec citation systématique des sources
- DeepSeek : Excelle en mathématiques et programmation (❌Down Actuellement)
Impact économique et questions d’avenir
Chaque heure de coupure d’un service comme Cloudflare coûte des millions à l’économie numérique mondiale. Les entreprises perdent l’accès à leurs outils, les sites e-commerce voient leur trafic s’effondrer, les services critiques sont perturbés.
Cette panne du 18 novembre 2025 pose une question fondamentale : sommes-nous trop dépendants de quelques géants pour maintenir Internet en vie ?
La résilience du web moderne repose paradoxalement sur une infrastructure étonnamment fragile. Derrière la promesse d’un réseau décentralisé et robuste se cache une réalité moins glorieuse : quelques acteurs clés tiennent littéralement la toile en équilibre.
Conclusion : vers plus de résilience ?
Si cette panne sera probablement résolue rapidement, elle doit servir d’électrochoc. Pour les entreprises, la redondance n’est plus un luxe mais une nécessité. Diversifier ses fournisseurs d’infrastructure, élaborer des plans de continuité d’activité, et ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier technologique deviennent des impératifs stratégiques.
Pour OpenAI, qui connaît des pannes récurrentes, la stabilité technique est un enjeu majeur face à une concurrence qui s’intensifie. Avec l’arrivée de GPT-5 et le développement continu de Sora, l’entreprise devra renforcer ses infrastructures pour éviter que ces interruptions ne profitent à ses concurrents.
Quant à nous, utilisateurs, cette journée nous rappelle qu’aucun service, aussi performant soit-il, n’est à l’abri d’une défaillance. Dans un monde de plus en plus dépendant de l’IA et des services en ligne, la prudence recommande de toujours avoir un plan B… et peut-être même un plan C.
Mise à jour : Au moment de la publication de cet article, plusieurs services commencent à revenir progressivement à la normale. Cloudflare poursuit son enquête et devrait publier un rapport détaillé dans les prochaines heures.
Par Près du Web



